Pilotage DSI et PMO

Atterrissage budgétaire : définition, calcul et pilotage

Publié le 17 octobre 2026 · Mis à jour le 20 octobre 2026 · Lecture : 5 min

Le réalisé regarde en arrière, l'atterrissage regarde devant. Un budget réalisé à 40 % en octobre peut atterrir à 115 %. L'atterrissage budgétaire est l'indicateur à piloter ; le réalisé sert à le vérifier. Définition, calcul, seuils et méthode pour le tenir à jour sans y passer ses soirées.

Définition

L'atterrissage budgétaire (ou atterrissage prévu, ou « landing » dans certaines directions financières) est le montant que l'on prévoit d'avoir dépensé à la fin de l'exercice sur une ligne budgétaire, un projet ou un budget entier. Il se compose du réalisé à date (ce qui est déjà consommé) et du reste à faire estimé (ce qu'il reste à dépenser pour finir l'année ou le projet). L'écart d'atterrissage compare ce montant au budget révisé : c'est le vrai indicateur budgétaire, parce qu'il parle de ce qui va arriver et non de ce qui est arrivé.

Quatre notions à ne pas confondre

NotionDéfinitionRegarde
Budget initial / réviséBudget voté en début d'exercice ; budget après révisions décidées en cours d'année (rallonges, transferts, prélèvements sur la réserve).La référence
EngagéMontant des commandes passées (bons de commande, contrats signés), facturées ou non.Les obligations
RéaliséMontant effectivement consommé : factures reçues et, selon les règles, provisions pour prestations réalisées non facturées.Le passé
AtterrissageRéalisé à date plus reste à faire estimé.La fin d'exercice

L'engagé est souvent confondu avec l'atterrissage. Ils diffèrent dans les deux sens : une commande engagée peut ne pas être entièrement consommée dans l'exercice (atterrissage inférieur à l'engagé), et un projet peut nécessiter des commandes non encore passées (atterrissage supérieur à l'engagé). Un taux d'engagement supérieur à 100 % est une alerte à part entière : des commandes dépassent déjà le budget, à traiter avant la facture.

Comment le calculer

L'atterrissage d'une ligne ne se calcule pas par formule : il se demande. Chaque responsable de ligne, à chaque revue mensuelle, donne sa meilleure estimation de ce que la ligne coûtera à fin d'année, en tenant compte des commandes passées, des prestations restantes et des aléas connus. Le classeur calcule ensuite :

  • Écart d'atterrissage = (atterrissage − budget révisé) / budget révisé.
  • Alerte : vert sous 5 %, orange de 5 à 10 %, rouge à partir de 10 % ; « sous-consommation » quand l'atterrissage est inférieur de plus de 10 % au budget.
  • Atterrissage consolidé = somme des atterrissages de toutes les lignes, comparé au budget révisé total.

En début d'année, l'atterrissage de chaque ligne vaut son budget révisé, tant que l'on n'a pas mieux. Sa valeur vient de sa mise à jour mensuelle, pas de sa précision initiale.

Exemple fictif

Une ligne « ERP cloud, intégration » : budget révisé 360 k€, engagé 360 k€, réalisé 250 k€ à mi-octobre. Lecture par le réalisé : 69 % consommés à 79 % de l'année, tout va bien. Lecture par l'atterrissage : le responsable prévoit 430 k€ à fin d'année (recette prolongée, double exploitation), soit un écart de +19,4 %, rouge. La différence de 70 k€ est connue deux mois avant que les factures n'arrivent : le comité peut la financer sur la réserve pour aléas, réduire le périmètre ou renégocier. C'est l'argument de l'atterrissage en une ligne.

À l'échelle d'un budget de 4,2 M€ sur 40 lignes, le même jeu fictif donne un atterrissage consolidé de 4,315 M€, soit +2,7 % : vert globalement, mais avec plusieurs lignes rouges compensées par des sous-consommations. La synthèse ne remplace pas la lecture ligne par ligne.

La sous-consommation, l'alerte oubliée

Un atterrissage inférieur de plus de 10 % au budget est une information autant qu'un dépassement. Trois causes possibles : une réserve qui ne sera pas utilisée et pourrait être libérée pour un autre projet, un projet qui glisse sur l'année suivante (et dont le budget devra être reconduit), une facturation en retard d'un fournisseur. Dans les trois cas, une question à poser au responsable de la ligne.

Le rituel mensuel qui fait vivre l'atterrissage

  1. Après la clôture comptable, saisir le réalisé du mois écoulé dans la colonne du mois.
  2. Vérifier l'engagé avec le service achats.
  3. Demander à chaque responsable de ligne son atterrissage prévu à fin d'année. C'est l'étape qui compte ; elle tient en un message de trois lignes par responsable.
  4. Comparer la courbe cumulée du réalisé au budget linéarisé.
  5. Traiter chaque ligne orange ou rouge : cause, décision, échéance. Consigner la décision dans le journal du comité.

Trente minutes avec le contrôle de gestion. Le livrable est un atterrissage consolidé, un écart expliqué ligne par ligne, et les lignes en sous-consommation qui signalent une réserve à libérer.

Ce que l'atterrissage n'est pas

Ce n'est pas un chiffre comptable : il n'est ni audité ni opposable. Ce n'est pas une prévision à l'euro près : une ligne à plus ou moins 2 k€, mise à jour chaque mois avec un atterrissage sincère, vaut mieux qu'un export exact arrivé trop tard. Et ce n'est pas un outil de sanction : un responsable qui annonce un dépassement en septembre rend service au comité ; celui qui le cache jusqu'en décembre ne lui laisse aucune option. L'application comptable, fiscale ou contractuelle de ces notions relève de la direction financière.

Questions fréquentes

Atterrissage et « forecast », est-ce la même chose ?
Dans la pratique des DSI françaises, oui : l'atterrissage est la prévision à fin d'exercice. Certaines directions financières distinguent plusieurs forecasts dans l'année (F1, F2, F3) ; l'atterrissage du classeur est celui de la dernière revue.
Qui est responsable de l'atterrissage d'une ligne ?
Le responsable de la ligne budgétaire, en général le chef de projet pour une ligne projet et le responsable de domaine pour une ligne de fonctionnement. Le PMO consolide, il n'estime pas à leur place.
À quelle précision faut-il viser ?
L'ordre de grandeur de l'écart (vert, orange, rouge) importe plus que le montant exact. Les seuils de 5 et 10 % conviennent à la plupart des DSI ; ils s'ajustent à la revue trimestrielle.

Pratiques courantes de pilotage, illustrées par des données fictives. Leur application comptable ou contractuelle relève de votre direction financière.

Rédigé avec l'aide de l'IA, sources officielles citées et datées.

Les exemples chiffrés sont fictifs.

Ceci n'est pas un conseil financier, fiscal ni juridique.