GTB, GTC et décret BACS

Liste de points GTB : exemple de structure et règles de nommage

Publié le 19 octobre 2026 · Mis à jour le 20 octobre 2026 · Lecture : 7 min

Une liste de points GTB est un tableau, tenu par exemple dans un classeur Excel, où chaque ligne décrit un point : une entrée ou une sortie physique de l'automate, ou une valeur lue sur un bus, identifiée par un repère unique, avec son local, son équipement, sa désignation, son type (AI, AO, DI, DO ou BUS), son unité, son alarme, son archivage et son armoire. Elle sert à chiffrer, câbler, programmer, puis réceptionner point par point.

À quoi sert la liste de points

C'est l'annexe commune à tous les intervenants du lot. Le candidat y compte les entrées-sorties pour chiffrer la décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF) ; le câbleur y lit le local et l'armoire ; l'automaticien y prend les repères et les unités ; l'exploitant y retrouve les alarmes ; le maître d'œuvre en tire la matrice d'essais. Sans liste quantifiée, le CCTP, même bien rédigé, ne permet ni de comparer les offres, ni de réceptionner.

Elle a aussi une portée réglementaire. L'article R. 175-3 du Code de la construction et de l'habitation (en vigueur depuis le 9 avril 2023, Légifrance) exige un suivi en continu, par zone fonctionnelle et à un pas de temps horaire, des données de production et de consommation énergétique des systèmes techniques du bâtiment : la liste écrit quels points sont archivés, à quelle période et pour quelle zone. La classe visée au sens de la NF EN ISO 52120-1 (AFNOR, mars 2022) se justifie fonction par fonction, et chaque fonction s'appuie sur des points qui doivent y figurer. Enfin, le guide d'application du décret BACS (ministère chargé de la construction, version 2, janvier 2026) précise que l'inspection périodique comporte une vérification documentaire, dont la description des zones pilotées.

Les colonnes d'une liste de points exploitable

Les colonnes de saisie se distinguent des colonnes calculées (totaux par type et par armoire).

ColonneContenuÀ quoi elle sert
N°Numéro de ligne, jamais réutiliséRéférence pour la DPGF et les essais
RepèreIdentifiant unique selon la règle de nommageNom de l'objet dans l'automate
LocalLieu physique du capteur ou de l'actionneurCâblage, essais, inspection
ÉquipementInstallation d'appartenance (CTA 1, PAC 2, zone nord)Vues de supervision, zone fonctionnelle
DésignationLibellé lisible par un exploitantÉtiquette dans la supervision
TypeAI, AO, DI, DO ou BUSComptage des entrées-sorties
Unité°C, %, Pa, ppm, kWh, m³Échelle, affichage, essais
Alarme et prioritéOui ou non, puis critique, majeure ou mineureTraitement, astreinte, filtrage
Archivage et périodeOui ou non, puis « sur changement » ou un pas de tempsPas horaire de l'article R. 175-3
ArmoireArmoire ou module qui raccorde le pointTotaux par armoire, réserve, DPGF

Deux colonnes complémentaires : la zone fonctionnelle au sens du décret, indispensable pour affecter chaque compteur, et l'adresse sur le bus pour les points BUS.

Les types de points : TOR, analogique, compteur, consigne

  • Tout ou rien (DI, DO). États, défauts et commandes. Une entrée par information, sans regrouper plusieurs défauts sur un même contact.
  • Analogique (AI, AO). Mesures (températures, pressions, CO₂, hygrométrie) et sorties modulantes (vannes, registres, vitesses). L'unité et la plage sont écrites dans la liste.
  • Compteur. Énergie ou volume, par entrée à impulsions ou par bus (M-Bus, Modbus). C'est la famille qui alimente le suivi par zone fonctionnelle de l'article R. 175-3 : un compteur qui n'est affecté à aucune zone ne permet pas ce suivi.
  • Consigne. Valeur écrite par la supervision ou le programme horaire vers l'automate. Le guide de janvier 2026 indique qu'il est nécessaire de remplacer les valeurs par défaut des constructeurs par des consignes adaptées aux usages : la liste porte la valeur initiale et la plage autorisée.
  • BUS. Points lus ou écrits par protocole sur un équipement communicant (variateur, compteur, régulateur de zone), sans entrée-sortie physique.

Exemple sur une centrale de traitement d'air (données fictives)

L'extrait décrit une centrale double flux fictive, repérée CTA1, installée en toiture et raccordée à l'armoire AR-GTB-02.

RepèreDésignationTypeUnitéAlarmePrioritéArchivage
CTA1-CMDCommande marche/arrêtDONonSur changement
CTA1-ETA-SOUFÉtat ventilateur de soufflageDINonSur changement
CTA1-DEF-VENTDéfaut variateur ventilateursDIOui2 (majeure)Sur changement
CTA1-FILT-SOUFEncrassement filtre soufflageDIOui3 (mineure)Sur changement
CTA1-ANTIGELThermostat antigelDIOui1 (critique)Sur changement
CTA1-SSIOrdre d'arrêt SSI (contact sec du lot SSI)DIOui1 (critique)Sur changement
CTA1-T-SOUFTempérature de soufflageAI°COui2 (majeure)10 min
CTA1-CO2CO₂ de repriseAIppmOui3 (mineure)10 min
CTA1-CONS-SOUFConsigne de soufflageAO°CNonSur changement
CTA1-VIT-SOUFVitesse ventilateur de soufflageAO%Non10 min
CTA1-KWH-VARÉnergie du variateur (lecture bus)BUSkWhNon1 h

Trois choix de cet extrait doivent être écrits dans le CCTP : l'ordre d'arrêt SSI arrive par un contact sec du lot SSI, une limite de prestation ; l'antigel et l'ordre SSI sont en priorité critique, les filtres en priorité mineure, pour toutes les centrales ; les mesures sont archivées à pas fixe, l'énergie au pas horaire de l'article R. 175-3 et les états sur changement, sans alourdir la base.

Le nommage : une règle, écrite une fois

Le repère est le seul identifiant qui traverse tout le lot : schémas d'armoire, programme automate, supervision, matrice d'essais, DOE. Une règle écrite une fois dans le CCTP, puis rappelée dans l'onglet d'accueil du classeur, évite les repères renommés, les accents refusés par l'automate et les abréviations variables.

  1. Fixer la structure : équipement et numéro, grandeur, qualifiant, séparés par un tiret (CTA1-T-SOUF, PAC2-DEF, Z07-CONS).
  2. Imposer les majuscules sans accents ni espaces, et une longueur acceptée par l'automate et la supervision retenus.
  3. Publier la liste fermée des abréviations (par exemple CMD, ETA, DEF, FILT, T, CONS, VIT, SOUF, KWH) et interdire d'en créer sans accord du maître d'œuvre.
  4. Exiger le même repère dans l'automate et la supervision : tout écart constaté aux essais est une réserve.
  5. Versionner la liste (date et indice dans le nom du fichier) et faire valider chaque indice avant programmation.

De la liste de points aux essais

Une liste bien construite produit la matrice d'essais sans ressaisie : chaque ligne devient un essai point par point qui vérifie le sens, l'échelle et l'unité, l'alarme à la bonne priorité et l'archive à la période prévue. S'y ajoutent les essais fonctionnels : programme horaire, relance, free-cooling, mode dégradé sur perte de communication. La check-list de réception d'une GTB indique quels documents les accompagnent. La même liste alimente la DPGF et le DOE ; c'est pourquoi un cahier des charges GTB la cite comme annexe contractuelle, avec son nom de fichier et son indice.

Questions fréquentes

Faut-il compter les points bus comme des points physiques ?

Non, et c'est pour cela que la colonne Type distingue BUS des entrées-sorties. Un point bus ne consomme pas de module d'entrées-sorties, mais il compte dans la matrice d'essais, et dans la licence de supervision lorsque celle-ci est vendue au nombre de points ; ses totaux sont donc affichés séparément.

Qui remplit la liste de points, et quand ?

Le bureau d'études ou l'AMO établit la liste prévisionnelle au stade du dossier de consultation. L'intégrateur la complète en études d'exécution (adresses, armoires définitives, points bus) et la soumet au maître d'œuvre avant programmation. La liste définitive est une pièce du DOE.

Quelle période d'archivage choisir ?

L'article R. 175-3 impose un pas de temps horaire pour le suivi des données de production et de consommation énergétique par zone fonctionnelle, et la conservation de ces données à l'échelle mensuelle pendant cinq ans. Pour les mesures de régulation, un pas plus fin aide au diagnostic ; pour les états et les défauts, l'archivage sur changement suffit. L'horodatage suppose une synchronisation horaire, que recommande le guide ANSSI-PA-110 (version 1.0, 27 avril 2026, recommandation R13).

Rédigé avec l'aide de l'IA, sources officielles citées et datées.

Les exemples chiffrés sont fictifs.

Ceci n'est pas un conseil financier, fiscal ni juridique.