Contrats et prestataires IT

Grille d'analyse des offres informatiques : critères, pondération et notation

Publié le 20 octobre 2026 · Lecture : 6 min

Une grille d'analyse des offres informatiques réunit quatre éléments fixés avant l'ouverture des plis : des critères groupés en familles, une pondération qui totalise 100, une échelle de notes définie niveau par niveau, et une formule de notation du prix calculée sur le coût complet de la durée du contrat. Chaque note est justifiée par écrit à partir des pièces de l'offre. Pour un acheteur public, ces règles découlent du code de la commande publique ; pour une entreprise privée, ce sont elles qui rendent la décision défendable.

La grille s'écrit avant de recevoir les offres

Dans un marché public, le marché est attribué à l'offre économiquement la plus avantageuse « sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis » et liés à l'objet du marché (article L2152-7 du code de la commande publique, Légifrance, version en vigueur depuis le 22 août 2026). Les critères et leurs modalités de mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation (article R2152-11) ; en procédure formalisée, ils sont pondérés ou, si c'est impossible pour des raisons objectives, classés par ordre décroissant d'importance, la pondération pouvant prendre la forme d'une fourchette (article R2152-12, ces deux articles étant en vigueur depuis le 1er avril 2019).

Une entreprise privée qui n'est pas soumise à ce code fixe librement sa méthode. La même discipline la protège pourtant : une grille écrite après coup peut être soupçonnée d'avoir été construite pour le candidat déjà choisi.

Les familles de critères

L'article R2152-7 (version en vigueur depuis le 21 août 2026) cite, parmi les critères possibles, la qualité (valeur technique, caractéristiques fonctionnelles, performances environnementales…), les délais et conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, et l'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel affecté au marché lorsque sa qualité peut influer significativement sur l'exécution. Depuis le 21 août 2026, pour les consultations engagées à partir de cette date, au moins un critère prend en compte les caractéristiques environnementales de l'offre. Transposé à un achat informatique :

FamilleSous-critères possiblesPièce de l'offre qui le prouve
CoûtCoût complet sur la duréeBordereau de prix, hypothèses de volume
Valeur techniqueCouverture du besoin, architecture, méthode de mise en œuvreMémoire technique, matrice de conformité
Niveaux de serviceDisponibilité, délais de résolution, pénalités, outil de mesureProjet de SLA
SécuritéMesures, localisation des données, gestion des incidentsPlan d'assurance sécurité
RéversibilitéFormats de restitution, assistance de sortie, coût de sortieProjet de plan de réversibilité
ÉquipeQualifications et expérience des personnes affectéesCV anonymisés, organisation proposée
EnvironnementConsommation, durée de vie du matériel, fin de vieFiches techniques, engagements chiffrés

Ajoutez des critères éliminatoires, vérifiés avant toute notation : exigence de sécurité non négociable, hébergement imposé, pièce obligatoire manquante. Une offre éliminée n'est pas notée.

Pondérer sans fausser

  • Simuler avant de publier : noter deux ou trois offres imaginaires avec la grille. Si une offre médiocre partout sauf sur le prix gagne, le poids du prix ou la formule de notation est à revoir.
  • Éviter les critères décoratifs : un critère qui pèse très peu change rarement le classement ; mieux vaut le fondre dans une famille voisine.
  • Définir chaque niveau de note : 0 absent, 1 insuffisant, 2 partiel, 3 conforme au besoin, 4 au-delà sur un point démontré, 5 au-delà sur plusieurs points démontrés.
  • Publier les sous-critères qui comptent, avec leur poids, quand l'achat est public : c'est le sens de l'article R2152-11.

Noter le prix sur le coût complet

Le prix de la première année peut tromper : frais de mise en place, redevances, options devenues indispensables et coût de sortie changent le classement. Le coût complet sur la durée du contrat se calcule ainsi :

coût complet = mise en place + redevances × nombre de périodes + options retenues + coût de réversibilité

Le code de la commande publique va dans le même sens avec le coût du cycle de vie, qui couvre, « dans la mesure où ils sont pertinents », les coûts d'acquisition, de consommation d'énergie et d'autres ressources, de maintenance et de fin de vie (article R2152-9, en vigueur depuis le 1er avril 2019) ; l'acheteur indique alors dans les documents de la consultation les données à fournir et la méthode de calcul (article R2152-10).

Une formule simple de note prix : note = 5 × coût complet le plus bas / coût complet de l'offre. Elle donne 5 à l'offre la moins chère et réduit les autres en proportion. Elle a un défaut à connaître : elle resserre les écarts, puisqu'une offre 10 % plus chère perd moins d'un demi-point sur 5.

Exemple sur trois offres (données fictives)

Infogérance sur 36 mois. Pondération : coût 40, valeur technique 25, niveaux de service 15, sécurité 10, réversibilité 10. Montants en euros hors taxes.

ÉlémentOffre AOffre BOffre C
Mise en place20 000060 000
Redevance mensuelle9 50011 5008 900
Coût de réversibilité10 000 (forfait)inclus45 000 (régie estimée)
Coût complet 36 mois372 000414 000425 400
Note prix (sur 5)5,004,494,37
Valeur technique / SLA / sécurité / réversibilité3 / 3 / 4 / 44 / 4 / 4 / 55 / 4 / 3 / 2
Score sur 10080,085,982,0

Le score se calcule comme la somme des notes multipliées par leur poids, divisée par 5. L'offre C a la redevance la plus basse mais le coût complet le plus élevé, à cause de sa mise en place et de sa sortie en régie. L'offre B, 11 % plus chère que A sur la durée, l'emporte par sa valeur technique, ses niveaux de service et sa réversibilité incluse. C'est exactement ce que la grille doit rendre visible : le choix de B se justifie point par point.

Documenter la décision

Le rapport d'analyse reprend la grille telle que publiée, la vérification des critères éliminatoires, chaque note avec sa justification et la pièce citée, le calcul du coût complet et du score, puis la décision et ses signataires. Il est classé avec le contrat : il servira à la renégociation, au comité fournisseur et, le cas échéant, à répondre à un candidat évincé. Les engagements retenus (SLA, réversibilité) passent ensuite dans le contrat ; voir les clauses à vérifier avant de signer un contrat de prestation informatique et l'exemple de SLA informatique avec pénalités. Pour comparer des offres de travaux à périmètre identique, la même logique s'applique à une décomposition de prix, comme dans l'exemple de DPGF d'un lot GTB.

Questions fréquentes

Le prix doit-il peser un pourcentage minimal ?

Les articles R2152-6 à R2152-12 du code de la commande publique ne fixent pas de pourcentage. L'article R2152-7 prévoit soit le critère unique du coût, soit plusieurs critères parmi lesquels figure le prix ou le coût. Le poids relève du choix de l'acheteur, à justifier.

Peut-on modifier la pondération après réception des offres ?

Dans un marché public, les critères et leurs modalités sont annoncés dans les documents de la consultation (article R2152-11) : les changer après l'ouverture des offres expose la procédure. Dans un achat privé, c'est possible, mais la décision perd sa crédibilité.

Combien de critères retenir ?

Cinq à sept familles suffisent pour un achat informatique, avec des sous-critères seulement là où ils départagent réellement les offres.

Rédigé avec l'aide de l'IA, sources officielles citées et datées.

Les exemples chiffrés sont fictifs.

Ceci n'est pas un conseil financier, fiscal ni juridique.